Dans un contexte économique incertain, marqué par une croissance atone et des tensions internationales persistantes, la précarité entrepreneuriale semble s’installer durablement.
En 2025, 61 459 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi, soit 168 par jour, selon l’édition 2026 de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs publié par l’Association GSC, l’assurance perte d’emploi des dirigeants d’entreprise et le cabinet Altares. Un niveau record qui confirme la dégradation progressive observée depuis la sortie de la crise sanitaire.
Si la progression annuelle reste limitée (+1 % par rapport à 2024), ce chiffre masque une réalité plus inquiétante d’après l’étude : le maintien à un niveau historiquement élevé des pertes d’emploi entrepreneurial. Entre 2021 et 2024, leur nombre avait déjà bondi de plus de 50 %, sous l’effet du ralentissement économique, de l’inflation et du durcissement des conditions de financement.
Dans ce contexte, les très petites entreprises demeurent les plus exposées. Près de 88 % des dirigeants touchés dirigeaient une structure de moins de cinq salariés, et plus de 73 % une entreprise de moins de trois salariés.
Ces chiffres font écho à ceux de l’AGS, qui, sur le volet salarial, vient massivement en soutien des salariés des entreprises de moins de 10 salariés.
Ces organisations, souvent fragiles financièrement, disposent de peu de marges pour absorber les chocs économiques.
Sans surprise, certains secteurs concentrent la majorité des défaillances. La construction et le commerce représentent à eux seuls près de la moitié des pertes d’emploi de dirigeants, même si ces deux activités enregistrent un léger recul en 2025. À l’inverse, plusieurs secteurs de services voient leur situation se dégrader, notamment l’hébergement-restauration ou certains services aux entreprises.
Sur le plan géographique, l’Île-de-France reste la région la plus touchée, avec plus de 14 000 entrepreneurs concernés, devant l’Auvergne-Rhône-Alpes et la région Sud. Certaines zones enregistrent toutefois des hausses plus marquées, comme la Nouvelle-Aquitaine ou l’Outre-mer.
Autre signal d’alerte : la progression des pertes d’emploi chez les jeunes dirigeants, les moins de 26 ans affichant la plus forte progression des défaillances.