Entre 2015 et 2022, le nombre de points de vente a reculé avant de se stabiliser autour de 274 000 établissements. Dans le même temps, la densité commerciale est passée de 4,27 à 4,05 commerces pour 1 000 habitants. Un recul modéré qui masque une réalité plus profonde : les commerces sont moins nombreux mais davantage dimensionnés, les surfaces de vente continuant de progresser plus vite que la population.
Cette transformation ne touche pas tous les territoires de la même manière. Les principales victimes sont les centres urbains intermédiaires et les petites villes. En sept ans, leur densité commerciale a fortement diminué, signe d'une érosion progressive de l'offre de proximité. À l'inverse, les ceintures urbaines affichent une plus grande stabilité, tandis que certaines zones rurales parviennent même à renforcer leur maillage commercial.
Derrière ces évolutions se cache un facteur majeur : la montée en puissance du commerce électronique. Les secteurs les plus exposés, notamment l'habillement et l'équipement de la personne, voient leurs surfaces physiques se contracter sous l'effet d'une concurrence numérique devenue structurelle. Les petites et moyennes villes apparaissent particulièrement vulnérables à ce phénomène, contrairement aux grandes métropoles qui conservent un pouvoir d'attraction fondé sur la diversité de l'offre, les loisirs ou encore les activités culturelles.
Pour autant, le magasin n'est pas condamné. Il se transforme. Click and collect, livraison, préparation de commandes ou services omnicanaux deviennent des composantes essentielles de l'activité commerciale. Le point de vente n'est plus seulement un lieu d'achat, mais un maillon d'un écosystème plus large mêlant expérience client, logistique et numérique.
L'étude met également en lumière une France commerciale à plusieurs vitesses. Dans les grands centres urbains, près d'un commerce sur deux est consacré à l'équipement de la personne. Dans les territoires ruraux, l'alimentaire et les commerces de première nécessité dominent largement. Le tourisme joue également un rôle déterminant : les départements les plus fréquentés bénéficient généralement d'une offre commerciale plus dense que la moyenne.
La DGE souligne un enjeu de cohésion territoriale. Car le commerce ne constitue pas seulement une activité économique : il participe à l'attractivité des villes, à la vitalité des centres-bourgs et au maintien du lien social. Entre révolution numérique, évolution des modes de consommation et contraintes environnementales, la carte commerciale française est en train d'être redessinée. Reste à savoir quels territoires sauront le mieux tirer parti de cette nouvelle géographie.
Accéder à l’étude : https://www.entreprises.gouv.fr/la-dge/publications/le-commerce-la-croisee-des-territoires