Une hausse marquée des fraudes détectées en 2025
En 2025, l’AGS a enregistré 1 309 signalements de fraude, un volume qui a plus que doublé en un an. Ils concernent 656 entreprises.
Elle a détecté des situations ou des tentatives d’escroquerie caractérisées pour un montant estimé à 34,5 millions d’euros de préjudices évités liés à la fraude, contre 16,1 millions d’euros l’année précédente.
Ces chiffres traduisent une vigilance accrue, une capacité de détection renforcée et une mobilisation accrue des équipes de l’AGS face à des schémas frauduleux de plus en plus complexes.
Une exigence de responsabilité et de justice sociale
Parmi les principales typologies de fraude sociale détectées par l’AGS figurent la fictivité du contrat de travail ou de l’activité, la fictivité de la créance ou encore la fraude à l’identité.
La fraude contribue à fragiliser la solidarité, pénalise les entreprises respectueuses des règles et détourne des ressources destinées aux salariés confrontés à la défaillance de leur employeur.
Agir en amont pour éviter les fraudes en cascade
En sécurisant l’ouverture des droits, l’AGS agit bien au-delà de son périmètre strict. La détection et le traitement des fraudes permettent de prévenir les effets en chaîne, notamment l’ouverture de faux droits à l’assurance chômage, avec des impacts directs sur l’équilibre financier de l’ensemble des régimes de protection sociale, y compris les retraites.
Une fraude détectée à l’AGS n’est jamais isolée. Elle peut contribuer à ouvrir des droits indus en chaîne, notamment en matière de chômage, de maladie ou de retraite.
« À partir de cas documentés, on estime qu’1 € de fraude à l’AGS peut représenter un impact global de près de 3 € sur la protection sociale, hors retraite, selon les dossiers. »
« Grâce à la mobilisation des équipes, notamment dans les centres, l’AGS agit en amont, consciente que stopper une fraude à l’AGS, c’est éviter la fraude en cascade. »
La stratégie AGS : une mobilisation collective pour une lutte antifraude efficace
Au cœur de la stratégie de l’AGS, la mobilisation de l’ensemble des acteurs de la procédure collective est essentielle pour détecter, prévenir et traiter les fraudes sociales.
Cette dynamique s’appuie sur des partenariats structurés avec les organismes de protection sociale, mais aussi sur une collaboration approfondie avec les mandataires judiciaires et les administrateurs judiciaires.
L’objectif est de garantir la fluidité des échanges, la transparence des pratiques et la sécurisation des droits des salariés et des entreprises en difficulté.
À titre d’exemple, l’AGS a récemment consolidé ses partenariats avec l’Urssaf Caisse nationale et l’Urssaf Île-de-France, afin de renforcer le partage d’informations, la coordination opérationnelle dans un cadre structuré et la capacité des acteurs à partager leurs analyses sur les dossiers suspects.
Cette dynamique partenariale a trouvé une illustration concrète lors du séminaire national de l’AGS consacré à la prévention des risques de fraude, qui a réuni plusieurs acteurs institutionnels, notamment la MICAF, la CNAF et France Travail.
Articulée autour de retours d’expérience et de présentations institutionnelles, cette journée a permis d’aborder les enjeux de coordination interministérielle, les apports du datamining responsable, l’usage du droit de communication et les conditions d’une coopération renforcée avec les partenaires de la lutte contre la fraude sociale.
Un renforcement concret des coopérations territoriales : l’exemple du Grand Est
Dans le prolongement de cette dynamique, l’AGS a engagé en 2026 la signature de conventions de partenariat avec plusieurs Caisses primaires d’assurance maladie dans la région Grand Est.
Ces conventions visent à structurer les échanges d’informations dans le respect du cadre légal, à faciliter le partage de signalements et à renforcer la détection des fraudes présentant des typologies communes, telles que les contrats fictifs, les fausses rémunérations ou l’usurpation d’identité.
Elles permettent également une meilleure coordination des actions, jusqu’au contentieux si nécessaire, avec un objectif central : prévenir les fraudes en cascade et sécuriser l’ensemble des dispositifs de protection sociale.
Au-delà des conventions bilatérales engagées avec les organismes de protection sociale, cette stratégie s’appuie également sur la participation active de l’AGS aux comités opérationnels départementaux antifraude, les CODAF, instances essentielles de coordination entre les services de l’État, les organismes sociaux et les acteurs judiciaires.
Cette présence se traduit aussi par des déclinaisons opérationnelles, à l’image des conventions conclues dans le cadre des CODAF du Var et des Alpes-Maritimes pour le Centre AGS de Marseille, mais aussi par des démarches régionales interorganismes, comme la convention de Bretagne pour le Centre AGS de Rennes.
Ces cadres d’échanges facilitent les signalements, améliorent le partage d’informations utiles, renforcent la connaissance mutuelle des typologies de fraude et favorisent une coordination plus efficace des actions conduites sur les territoires.