Une solitude plus pesante qu’hier
Près d’un dirigeant sur deux (49 %) déclare aujourd’hui se sentir seul, un niveau proche de celui observé il y a dix ans. Mais derrière cette stabilité apparente, le phénomène s’aggrave : la part des dirigeants « très isolés » a fortement progressé, passant de 11 % à 18 %.
En cause, une décennie marquée par l’accumulation des crises — sanitaires, économiques, géopolitiques — et un environnement devenu plus complexe. La charge administrative, l’incertitude économique et les transformations du travail placent les dirigeants en première ligne, souvent sans relais suffisant.
Perte de maîtrise et fatigue entrepreneuriale
Au-delà de l’isolement, l’étude met en lumière une évolution plus profonde : un sentiment croissant de perte de maîtrise. Là où le dirigeant construisait une stratégie, il gère désormais l’incertitude.
Cette pression continue alimente une fatigue entrepreneuriale durable. 75 % des dirigeants déclarent s’être interrogés, au cours des douze derniers mois, sur le sens de leur engagement.
Un cercle préoccupant pour la santé des dirigeants
La solitude, la perte de sens et la dégradation de la santé forment désormais un cercle étroitement lié. Les dirigeants les plus isolés sont aussi ceux dont la santé mentale et la qualité de sommeil sont les plus affectées.
À cette pression s’ajoute un sentiment de manque de reconnaissance : beaucoup de dirigeants estiment que leur réalité est mal comprise et leurs responsabilités insuffisamment visibles.
Un enjeu clé pour l’accompagnement
Ces évolutions posent un enjeu central : mieux accompagner les dirigeants, en particulier dans les phases les plus sensibles de la vie de l’entreprise.
Dans un contexte d’incertitude durable, l’AGS reste convaincue que renforcer la lisibilité et l’accessibilité des dispositifs apparaît essentiel pour ne pas laisser les dirigeants seuls face aux difficultés.